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Du 8 au 30 mai 2026 se tient la 31e édition du Kunstenfestivaldesarts. Les plumes de la Pointe s’y aventurent, les sens en éveil, la curiosité en alerte, la subjectivité en bandoulière.
épisode 2/2
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«Este Mundo», création de la chorégraphe Bouchra Ouizguen (Marrakech) et de la compagnie Dançando com a Diferença (Funchal), l’un des spectacles d’ouverture du 31e KFDA. ©Paulo Pimenta

Ce que nous dit ce monde

Émois

épisode 2/2

Bruxelles, le 9 mai 2026

Cher Journal,

Ça y est, c’est parti. C’était hier vendredi, et nous, fidèles – ou dilettantes – du Kunsten, avons retrouvé ses bannières, ses feuilles de salles copieuses (merci le KFDA de ne pas céder au tout au QR code, de nous permettre de feuilleter, glaner une info, un propos, un nom sans scroll obligatoire), ses assemblées curieuses. Qui rejoignant en tram la Raffinerie à Molenbeek, qui poussant à Ixelles la porte cochère du Rideau, qui tutoyant la voûte de la chapelle des Brigittines, au cœur des Marolles.

À la Raffinerie, la salle est comble et plutôt calme. Une attente curieuse envers Bouchra Ouizguen, artiste habituée du festival (c’est la 7e fois qu’elle y présente son travail depuis 2011), avec cette fois une pièce née de la rencontre entre la chorégraphe marocaine et Dançando com a Diferença, compagnie en résidence au Musée d’Art contemporain de Madère.

Este Mundo

Este Mundo. C’est le titre. Pas le monde chaque jour plus atroce que bombardent les dictateurs et déglinguent les ultrariches. Ce monde: celui du sens et du sensible, de l’élan et de l’imperfection. Celui qu’on a envie d’aimer malgré tout, malgré le pire. Celui de la présence, de ce qui nous reste d’enfance.

Alerte guimauve? Oui mais non, ou pas seulement. Et si les bons sentiments ne suffisent pas à faire un bon spectacle, celui qu’a imaginé Bouchra Ouizguen est plus que ça: une traversée d’univers vibrants, un lieu vivant, habité de singularités. La bande-son va des carillons d’église à Bollywood en passant par l’orage, le gnawa ou les chants sacrés. Le paysage visuel passe de l’obscurité à la clarté. La gravité concentrée s’enlumine d’attentions tendres, d’énergie débridée.

Ici, il n’y a rien à démontrer.
Rien à réussir.
Seulement être.
Être ensemble sur le plateau comme on serait au bord d’un rêve.
Laisser apparaître un monde joyeux, simple, direct – non pas naïf mais nécessaire.

Bouchra Ouizguen

Este Mundo: ce monde-ci est traversé, habité, enluminé par Bárbara Matos, Joana Caetano, Sara Rebolo, Sofia Marote, Telmo Ferreira. Leurs différences, leur puissance, leurs qualités de présence, selon le vœu de la chorégraphe: «Déplacer le monde par la douceur des gestes. Danser avec ce qui est donné. Avec ce qui est réel.»

Tu sais quoi, cher Journal? Aux guimauves, j’ai toujours préféré les fraises. Ça tombe bien: leur pleine saison sur les étals coïncide avec le mois du festival. Qui comme à son habitude, depuis ses débuts, en offre au public de ses premières. Celles de vendredi, à la Raffinerie, étaient parfaites.


Kunstenfestivaldesarts, partout à Bruxelles, jusqu’au 30 mai. Programme complet, derniers billets sur www.kfda.be

Billetterie, resto, rencontres, fêtes: le QG du festival est installé cette année aux Tanneurs. C’est là que, chaque mercredi, Habib Ben Tanfous propose une déclinaison de son spectacle Orchestre vide – Longing for you sous forme de soirée aux accents de karaoké (les 13, 20 et 27 mai, à partir de 22h30).


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