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©Hubert Amiel.

Détours et autres digressions

Indescriptible, inclassable, et pourtant sacrément cohérent, le théâtre d’Ève Bonfanti et Yves Hunstad trace son sillon peu commun depuis l’originelle Tragédie comique (1988 !) devenue mythique. Le vrai et les faux semblants du spectacle forment la matière que le tandem – et leurs complices de la Fabrique imaginaire – triture à quatre mains. De leurs plumes affûtées jaillit une spontanéité rare qui nous emmène loin dans les méandres de l’esprit et de la création. 

Détours et autres digressions, leur nouvel opus, pas plus résumable que les précédents, dit bien tout à la fois l’incroyable pouvoir du cerveau (matérialisé sur le plateau) et les chemins de traverse qu’il ouvre sous nos pas. Au gré de cette vraie-fausse-rencontre tâchant de décrire un spectacle à venir, Ève et Yves nous invitent à faire connaissance simultanément de leur processus créatif artisanal et de leurs personnages: un auteur insomniaque en quête d’inspiration et une extra-terrestre en visite sur son balcon. Une échelle, une régie à vue, quelques fumigènes, un chou-fleur évocateur, et voici qu’on embarque pour ce nouveau voyage dans les contrées de l’imaginaire – et des artefacts bien concrets qui les font advenir.

Jusqu’au 30 juillet à 20h à la Fabrik Théâtre, Avignon.

À découvrir en parallèle, le film Le Plaisir du désordre, de Christian Rouaud, dont l’équipe a suivi pendant trois ans la Fabrique imaginaire dans ses rouages, recherches, répétitions et processus.


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