RECHERCHER SUR LA POINTE :

©Warner Bros

Evil Dead Rise. It’s Baaaaaaaad!

Émois

Quand Sam Raimi bidouille son premier opus, en 1981 – même moi j’étais à peine né – son attitude bravache, la folie et la radicalité de sa mise en scène, fauchée mais diablement inventive, et surtout le rythme speed trash du film laissent tout le monde pantois, heureux, rudement secoués et immédiatement accros. Bim, le même Raimi, en 1987, prend une liasse de dollars d’un gros studio pour refaire… le même film! On se dit que ça va être une resucée lisse et politiquement plus correcte. Voilà que l’ami Raimi et son complice Bruce Campbell – acteur fétiche et héros allumé parfait – commettent un monument d’horreur frénétique qui surpasse la version 1.0. Depuis, c’est la folie: un tome 3, une comédie musicale, une version reboot en 4, des fans «deadites» dans le monde entier. Le phénomène total.

©Warner Bros

Donc, pour reprendre une telle franchise, et tourner Evil Dead Rise, il faut être fondu, inconscient ou très doué. Lee Cronin est fondu et doué, sûr, mais pas inconscient. Son Evil Dead Rise démarre plein pot pas loin d’une cabane dans les bois près du lac (tiens, tiens). Le pré-générique est déjà un très beau moment de «poésie gore», qui convoque drone, littérature, complicité avec le public, effets puissants et une certaine jubilation, qui ne vous quittera pas pendant les 96 minutes qui suivent! 

Cronin mitonne un huis-clos parfait.

On retrouve bien sûr le livre des morts, sorte de Necronomicon aux très beaux dessins horrifiques et les incantations qui convoquent un démon à la sauvagerie infinie. Le tout pour prendre possession d’une maman d’aujourd’hui, tatoueuse de son état, avec mômes adolescents en crise et petit gamine juste craquante. Alyssa Sutherland lui prête son talent et sa folie. Pas de mari, mais une sœur ‘technicienne de guitare’, dans un immeuble en déglingue totale. Et c’est parti. Cronin mitonne un huis-clos parfait, et chaque pièce de l’appartement, le parking, les caves, sont visitées dans un torrent gore échevelé.

On pense à Kubrik parfois, à sa maman, souvent. Il n’y a pas de temps mort, et aucun personnage n’en sort tout à fait indemne. Cronin, arrive à surprendre avec l’attendu! Et la salle du Bifff ne s’y est pas trompée. Les cris de chahuts du début se transforment rapidement en hurlements ‘on fait moins le malin’.  Au résultat, un splendide divertissement pour une soirée paisible entre joyeux mabouls.

Evil Dead Rise – Lee Cronin –2023 

La bande annonce jubilatoire:

Evil Dead Rise. Trailer

Vous aimerez aussi

Sandrine Bergot, artiste, créatrice, cofondatrice en 2007 du Collectif Mensuel, prendra le 1er septembre la direction du Théâtre des Doms, vitrine de la création belge francophone à Avignon. ©Barbara Buchmann-Cotterot

Sandrine Bergot, cap sur les Doms

Grand Angle
Spectacle: DISCOFOOT , Chorégraphie: Petter Jacobsson et Thomas Caley. Avec les 24 danseurs du CCN – Ballet de Lorraine, un arbitre et trois juges artistiques DJ: Ben Unzip, Dans le cadre du Festival Montpellier Danse, Lieu: Place de la Comédie, Montpellier , le 30/06/2024

Discofoot, Roller Derviches et leçons tout public

Au large
À gauche, Daniel Blanga-Gubbay et Dries Douibi, codirecteurs artistiques du Kunstenfestivaldesarts à Bruxelles, et, à droite, Jessie Mill et Martine Dennewald, nouvelles codirectrices artistiques du Festival TransAmériques (FTA) à Montréal | © Bea Borgers et Hamza Abouelouafaa

Diriger un festival: à deux, c’est mieux

Grand Angle