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«C’est pour s’en souvenir», une étape de travail qui prend source dans l’enfance. ©Marion Levesque

Factory

En ce moment

En amont du «produit fini», la création scénique est un processus long, sinueux, exigeant, passionnant, que la plateforme Factory soutient sous forme d’accompagnement et de résidences. Factory, c’est aussi un festival. Depuis 2015, à Liège, l’émergence scénique y est donnée à voir et à vivre à un public ouvert à l’aventure.

Et c’est maintenant! L’édition 2026 démarre par une journée pro, lundi 7 septembre, à destination surtout des structures de coproduction potentielles et des programmateur·ices. Le festival se poursuit jusqu’au samedi 12 septembre. Au menu: une création, une performance, six étapes de travail, cinq présentations de projets. Une occasion rare de s’immerger dans la création en cours, ses tâtonnements, ses enthousiasmes, ses raccourcis et ses détours. De rencontrer aussi les artistes en pleine maturation de leur travail, en marge de ce qui d’habitude se révèle sur les plateaux.

Et pourtant le soleil se lève, création que Damien Trapletti illustre par «L’incrédulité de Saint-Thomas» du Caravage.

L’unique pièce «finie» du festival – pour autant qu’on puisse ainsi qualifier un spectacle vivant – est signée Damien Trapletti. Et pourtant le soleil se lève se présente comme un seul en scène, un recueil d’histoires «qui tournent autour du besoin de croire et d’un désir d’absolu». Parmi les soutiens à cette création, citons Bastien Montès et Sarah Testa (regard extérieur, collaboration à l’écriture), Nicolas Mouzet-Tagawa (scénographie), Esther Denis (costumes).

Étapes de travail

Lucas Meister partage sa curiosité pour La Maison abandonnée; Olivia Stainier nourrit L’Art d’être malade de ses recherches, d’écrits autobiographiques, de cirque, de théâtre et de projections; Ludovic Drouet convoque la marionnette pour s’aventurer dans Projet Shadow; Marion Levesque conjure la peur dans C’est pour s’en souvenir ; Élise Eveno et Marina Yerlès abordent le trauma par le conte avec Into Limbo; Joey Elmaleh et Faustine Boissery travestissent les mythes chrétiens pour inventer Cagole Paradise.

Des étapes, donc: extraits ou portes d’entrée de futures créations. De 25 à 40 minutes.

L’art d’être malade, une recherche d’Olivia Stainier. ©Simon Loiseau

Plus en amont encore: les présentations de projets. Léonard Berthet-Rivière donne un avant-goût d’En attendant Dario, «dystopie joyeuse» sur une hypothèse: et si le théâtre avait cessé d’exister? Metteuse en scène et agronome, Tiphaine van der Haegen met en résonance les grands récits poétiques et les enjeux agricoles actuels dans Qui sème la colère. Avec Megaboîte, Lila Leloup et Clara Cesalli (collectif Les Furigond·e·s) interrogent nos usages des messageries virtuelles. Que raconte de notre rapport au corps la discipline du bodybuilding? Quentin Chaveriat en fait le sujet de Stronger, entre danse, théâtre et performance. Une sœur et un frère, une mère qui sort de prison, du lien, des souvenirs et des ombres forment la matière de Débris d’amour d’Angèle Baux Godard et Clément Goethals.

Dans Stronger, Quentin Chaveriat questionne le corps, sa puissance et vulnérabilité à travers la pratique du bodybuilding. ©DR

Perfomance, tarot et IA

Enfin, Factory 2026 propose avec 22 lames de fractures une performance hors du commun. Sarah Brahy, comédienne, Rachel Brahy, sociologue, et Valérie Cordy, artiste et entraîneuse de l’intelligence artificielle AdelAIde, s’appuient sur le Tarot pour recadrer les questions intimes des spectateur·ices dans leur dimension collective, sociale, politique.


Le festival Factory 2026 se tient du 7 au 12 septembre au Manège Fonck, à Liège. Le pass global (18 €) donne accès à toutes les présentations et représentations. Le spectacle Et pourtant le soleil se lève est également accessible hors-pass (ticket seul : 14 €). Infos, programme complet et réservations sur le site de Factory.


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