Coraline Gaye
Grand Angle1 décembre 2021 | Lecture 1 min.
épisode 1/18
Nom: Coraline Gaye.
Professions: autrice/compositrice/interprète et professeure de français.
Formation: Master en Langues et Littératures romanes à l’UCL, Agrégation à l’ULB et autodidacte.
Dernière création: Première partie au concert d’Alain Chamfort en octobre 2020 à l’Atelier 210.
Premier album EP avec son groupe Brèche de Roland intitulé fin:début paru en décembre 2021 sur le label bruxellois dear.deer.records.
Comment es-tu devenue prof de français, et ensuite autrice/compositrice/interprète?
J’ai tout de suite commencé à enseigner après mes études; la musique n’avait aucune place dans ma vie à ce moment-là. J’avais pris quelques cours de piano quand j’étais petite à Verviers, mais ça ne m’a pas du tout plu et j’ai arrêté très vite. Il y a environ une dizaine d’années, j’ai récupéré un vieux clavier et j’ai commencé à bidouiller dessus, à écrire des chansons en anglais. Fabrice Detry (1) est passé un jour, il a écouté ce que je faisais, et il m’a encouragée à continuer. J’ai un peu joué avec des amis, dont Simon qui est toujours là, dans un groupe qui s’appelait «About Lee». Pendant les soirées où ma fille était chez son père, travailler sur mes chansons me faisait du bien, et j’ai commencé à en écrire en français. C’est comme ça que j’ai fini par enregistrer quelques morceaux, juste «piano/voix».
Je les ai fait entendre à Fabrice et il a été très enthousiaste ! Et puis les choses se sont enchainées de manière fluide. Si on m’avait dit il y a deux ans que je serais en train de chercher un label aujourd’hui, je n’y aurais pas cru…
Comment ton entourage a-t-il réagi face à ta «reconversion» artistique?
J’ai gardé secret pendant longtemps mes chansons en friche.
Je voyais ça comme un rêve inaccessible; mais à un moment ça s’est déclenché de façon très forte, ça avait tout d’un coup tellement de sens pour moi, c’est devenu d’une telle évidence que je n’ai pas laissé place à la contestation!
Tu es aussi prof de français dans une école secondaire. As-tu envie de maintenir cette séparation entre tes deux boulots ?
Oui, mes élèves ne savent pas ce que je fais; mais certains de mes anciens élèves me suivent sur les réseaux sociaux et j’en retrouve à presque tous mes concerts. Je préfère rester «prof» face à eux, même si en moi-même les deux activités se superposent parfois mentalement.
Quel est le lien entre tes deux activités?
Le fait de raconter des choses devant un public, parler entre chaque morceau pendant les concerts, c’est la même sensation que quand je suis en classe. Il y a une forme de transmission qui est similaire, même si le public n’est pas le même. Et puis j’enseigne dans une école artistique (St Luc), donc les questionnements que je peux avoir par rapport à mon écriture ou à mon travail musical nourrissent mon enseignement.
Par exemple, pour un workshop que je donne sur les processus de création, même si je ne me présente pas aux élèves en tant qu’artiste, je puise dans mon expérience pour nourrir mon propos et ces questions-là m’animent particulièrement.
Si tu pouvais choisir entre les deux activités?
J’ai besoin des deux. Mais si financièrement je pouvais me permettre de ne faire que de la musique, je crois que je le tenterais pendant un an ou deux. C’est un métier dans lequel je suis complètement novice, alors que j’ai déjà plus de quinze ans d’ancienneté comme prof.
Mais ça me fait un peu peur, parce que ce milieu est rude et aime mettre en valeur la jeunesse.
Comment as-tu vécu le confinement de 2020?
On a enregistré les morceaux, participé à des concours dont le Festival FrancoFaune, on a pu faire une résidence de 4 jours au mois de mai, c’était une année plutôt prolifique; c’est maintenant que c’est plus difficile, on n’a plus de perspectives, on se demande si le public sera au rendez-vous quand on pourra à nouveau sortir…
Quel est l’artiste ou l’œuvre qui t’inspire en ce moment?
Au bonheur des morts de Vinciane Desprets, c’est un livre qui m’a fait beaucoup de bien. J’y trouve un lien avec mon groupe: les questionnements sur le rapport entre le visible et l’invisible. Ça résonne beaucoup en moi et il y a beaucoup de cela dans mes chansons.
J’adore aussi la série australienne Please like me, qui suit la vie d’adolescents en colocation qui n’ont aucune pudeur et se disent tout; c’est très drôle!
- Fabrice Detry, musicien et traducteur, fera lui aussi partie de cette série.
Vous pouvez voir les clips de Brèche de Roland ici.
Le disque est en écoute sur toutes les plateformes de streaming et ici.
Les portraits ont été réalisés par Lukas et Pierre (Dikave studio), étudiants à l’école de photo Le 75.
Dans la même série
Comédien et guide à l’Africa Museum de Tervuren
Grand Angle1 juillet 2022 | Lecture 1 min.
épisode 15/18
Compositrice-interprète et responsable de revue
Grand Angle1 juin 2022 | Lecture 1 min.
épisode 14/18
Saxophoniste et importateur d'huile d'olive
Grand Angle11 avril 2022 | Lecture 2 min.
épisode 8/18
Vous aimerez aussi
Ma déficience visuelle ne devrait pas être un frein
Émois10 avril 2024 | Lecture 1 min.
épisode 1/1
[VIDÉO] Théâtre et quartiers populaires avec Yousra Dahry
Grand Angle16 novembre 2023 | Lecture 2 min.
[VIDÉO] Lumière sur le vitrail dans l'atelier de François et Amélie
En chantier7 août 2023 | Lecture 1 min.
épisode 2/3
Abdel Mounim Elallami, un premier solo, un premier prix!
Au large27 mars 2023 | Lecture 0 min.
épisode 3/6
Comédien et guide à l’Africa Museum de Tervuren
Grand Angle1 juillet 2022 | Lecture 1 min.
épisode 15/18
Compositrice-interprète et responsable de revue
Grand Angle1 juin 2022 | Lecture 1 min.
épisode 14/18
«Faut pas dire à qui je ressemble, faut dire qui je suis.»
Émois21 avril 2022 | Lecture 1 min.
épisode 2/3
Archipel
En ce moment23 mars 2022 | Lecture 4 min.
«L'amour c'est compliqué, les sentiments sont profonds.»
Émois14 février 2022 | Lecture 1 min.
épisode 1/3